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Published on 17 juin, 2019

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Regard sur la profession : orthophonistes en milieu scolaire (Sarah)

Le rôle d’un orthophoniste en milieu scolaire comporte de nombreux aspects et varie d’une école à l’autre. Cependant, tout le monde s’entend sur un point : les élèves profitent des bienfaits des services d’orthophonie!

Les orthophonistes travaillent avec les élèves pour les amener à réaliser leur potentiel en matière de communication. En retour, cela aide les élèves à réussir pendant leur parcours, que ce soit en se faisant des amis, en faisant leurs devoirs ou en s’épanouissant.

Afin de mieux connaître le travail des orthophonistes en milieu scolaire, nous avons demandé à certains de nos membres de nous faire part de leur expérience en milieu scolaire.

Aujourd’hui, nous recevons le témoignage de Sarah Dowling.

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Décrivez votre milieu de travail.

Je travaille dans le district scolaire 57, à Prince George, dans le Nord de la Colombie-Britannique. Nous avons une grande région urbaine (environ 80 000 habitants), deux régions rurales (l’une est à 2 heures de route vers le nord, l’autre est à 4 heures, près des Rocheuses) et quelques écoles rurales aux alentours. En tout, le district compte 13 000 élèves. Nous avons huit orthophonistes à temps plein. Cette année, nous avons ajouté trois aides-enseignants à l’équipe d’orthophonie afin d’aider les orthophonistes dans les interventions directes, l’utilisation de tablettes et la préparation. Bien que cela ait exigé beaucoup de travail au début de l’année scolaire, nous estimons que cela a amélioré les services que nous fournissons.

Auprès de combien d’élèves environ travaillez-vous au cours d’une année scolaire?

Je travaille maintenant trois jours par semaine. L’an dernier, j’ai fourni des services à environ 15 élèves. Ma charge de travail actuelle est passée à plus de 20 élèves. Au cours de la présente année, j’ai réussi à voir jusqu’à quatre élèves pour la thérapie régulière, mais la plupart de mes services sont consultatifs et collaboratifs. Je travaille également dans une école primaire où je m’occupe de cinq à dix élèves tout au long de l’année, que ce soit directement ou en collaboration avec le personnel de l’école. Dans le deuxième cas, cela exige généralement une observation précédée et suivie de réunions avec l’enseignant-ressource titulaire de la classe.

Pouvez-vous nous parler d’un aspect de votre poste qui est particulier?

Je suis récemment devenue l’orthophoniste de toutes les écoles secondaires de notre district scolaire, dans le cadre d’un remaniement dans notre prestation de services. Cela a débuté par un projet pilote visant à aider une école secondaire à résoudre des problèmes relatifs à la prestation des services offerts à nos élèves atteints d’autisme de haut niveau (AHN), ainsi que certains travaux conjoints avec notre programme provincial à l’intention des élèves de notre district qui sont atteints d’un trouble du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF).

J’offre maintenant mes services à tous les étudiants qui sont acheminés par l’équipe-école de chaque école secondaire. Cela inclut tout l’éventail des élèves, allant de la technologie de commande oculaire jusqu’au bégaiement. Je m’intéresse particulièrement aux cas d’autisme de haut niveau et j’aide les écoles à faire preuve de créativité dans l’élaboration d’interventions visant la communication sociale chez ces élèves qui font habituellement le programme d’études complet. J’ai présenté un exposé à ce sujet à notre congrès régional des enseignants.

Nos services sont fournis dans le cadre d’un modèle de résolution de problèmes à volets multiples. Je travaille à tous les niveaux, mais l’intervention directe auprès des élèves doit passer par le processus d’acheminement de l’équipe-école, tant dans le cas des écoles primaires que des écoles secondaires. L’objectif est que les directeurs des écoles secondaires et les autres membres de l’équipe sachent qui reçoit des services d’orthophonie dans leur établissement. Je sens que mes fonctions, tant auprès de mes collègues spécialistes que du personnel de l’école, sont de plus en plus claires.

À quoi ressemble l’une de vos journées normales?

J’ai l’habitude de passer une journée entière dans une école. Dans le cas de l’école primaire, j’y passe deux à trois jours par mois. Les autres jours servent à faire de la préparation ou à rédiger des rapports pour cette école. J’évalue habituellement l’un des élèves atteints d’autisme le matin en ayant recours à l’observation ou je procède à une évaluation initiale plus formelle d’un élève qui a un diagnostic de TSA. L’après-midi, je travaille avec des enfants qui ont des problèmes de la parole. Je peux rencontrer des enseignants à l’heure du dîner ou au cours de la journée pour trouver des solutions afin de mieux aider un élève en classe ou pour fournir un soutien direct avec, par exemple, des scénarios sociaux.

Une fois par mois, nous avons une réunion d’équipe qui inclut l’orthophoniste, le psychologue scolaire et le spécialiste en santé mentale qui aide l’équipe-école dans le cas de certains élèves. Il est possible que nous acceptions de nouveaux cas dans le cadre de cette réunion, ainsi qu’aux réunions de planification des interventions et à celles qui servent à planifier la charge de travail avec l’école et qui ont lieu environ deux à trois fois par année.

Lorsque je travaille dans l’une des écoles secondaires afin d’aider à établir le programme d’un élève en particulier, j’y passe toute la journée. Habituellement, je rencontre les parents pour remplir les documents et avoir un entretien. Ensuite, j’observe et j’évalue l’élève. Par exemple, pour aider à utiliser TouchChat, j’observerais comment l’élève s’en sert et je prévoirais également des situations d’évaluation spécifiques. Je peux apporter des modifications au programme et émettre des recommandations. Je rencontre l’équipe-école et les parents après les heures de classe pour leur faire part de mes observations et échanger des idées. J’effectue une visite de suivi quand le temps le permet.

J’ai également consacré un jour par semaine aux thérapies individuelles, ce qui est une splendide nouveauté pour moi ! Ceci inclut des rencontres avec un élève qui apprend à utiliser une tablette avec les yeux, ainsi que le travail avec un spécialiste de la santé mentale pour aider un élève qui vit de l’anxiété sociale.

Comment votre rôle s’inscrit-il dans la journée d’un élève?

J’aime travailler directement avec les élèves du secondaire atteints d’autisme de haut niveau et élaborer leur plan d’enseignement individuel (PEI) avec eux et l’équipe-école. Il est extrêmement stimulant de trouver la façon de répondre à leurs objectifs dans le cadre des contraintes d’une journée d’école typique et d’apprendre aux élèves ce sur quoi ils doivent travailler et l’aide qu’ils peuvent recevoir pour y parvenir.

Je vois que certains de nos enseignants-ressources deviennent des utilisateurs compétents et imaginatifs de la suppléance à la communication (SC). Cela a une incidence directe sur l’élève qui devient de plus en plus confiant dans sa capacité de communiquer. J’espère que je défends bien les intérêts des élèves et que j’ai un effet indirect sur leur journée.

Qu’est-ce qui constitue la meilleure partie de votre travail?

Travailler avec le personnel de l’école secondaire et l’aider à être créatif. Les enseignants sont fantastiques! Si vous croyez en eux, de grandes choses peuvent se produire. C’est inspirant d’entendre parler des formidables programmes que les enseignants ont mis en place pour nos élèves atteints de sérieux déficits cognitifs après leur avoir fourni des services pendant une seule journée. Je trouve que, souvent, je leur donne simplement le feu vert et que je leur fournis un exemple de la façon d’être créatif à partir d’idées fondées sur des données probantes plutôt que de leur dire ce qu’ils doivent faire. Cela leur permet ensuite d’explorer les possibilités au sein de leur classe ou de leur programme d’études.

De plus, il importe de parler avec les directeurs, les vice-directeurs et autres personnes d’influence d’un établissement, en essayant d’ouvrir les cœurs et les esprits à l’égard de nos étudiants qui ont des besoins en matière de communication, pour qu’ils commencent à concevoir des interventions adaptées aux besoins de ces élèves à même leur système.

Quelle est l’une des parties les plus difficiles de votre travail?

Essayer de ne pas tomber dans le piège du « spécialiste modèle » pour plutôt me servir de mes compétences et de mes connaissances spécialisées afin de responsabiliser les autres et de leur insuffler de l’enthousiasme. Une façon de s’en assurer consiste à bien écouter quels sont les besoins des écoles. Cela suppose que je pose les bonnes questions d’une manière non menaçante afin que les enseignants se sentent à l’aise d’admettre ce dont ils ont vraiment besoin de ma part. Un autre aspect consiste à exprimer clairement ce que je suis en mesure d’offrir, et ce, à quel moment et pendant combien de temps. Je peux leur fournir des ressources à examiner ou leur suggérer des idées de bonnes pratiques et leur donner des exemples d’idées novatrices. La prochaine étape, cependant, consiste à dégager des idées de ce à quoi cela pourrait ressembler dans leur cadre pour cet élève en particulier. De cette façon, les idées sont plus susceptibles d’être mises en œuvre.

Point à retenir : Que voulez-vous que les gens sachent à propos de votre travail d’orthophoniste en milieu scolaire?

Oui, travailler pour les districts scolaires peut être exigeant, complexe et difficile, mais c’est pour cette raison que j’aime y travailler. Plaider en faveur d’un plus grand nombre d’orthophonistes s’est avéré payant dans notre district scolaire à la longue et j’encourage les autres à continuer d’essayer d’améliorer leur profil au sein de leur organisation. Pour moi, ce qu’il y a de satisfaisant dans mon travail, c’est d’aider d’autres professionnels dans le système à poser un nouveau regard sur les élèves qui ont des besoins en ce qui concerne la parole, le langage et la communication. Je trouve que l’aspect le plus important de mon travail est d’établir des liens positifs, d’avoir confiance dans la capacité des enseignants à faire la bonne chose et plus encore, et de toujours être à la recherche de nouvelles possibilités malgré certaines contraintes du système.

À propos de Sarah Dowling

Sarah Dowling est originaire du Royaume-Uni où elle a occupé divers postes pendant 20 ans dans le nord de l’Angleterre et le sud de l’Écosse. Elle s’est spécialisée dans les services aux élèves atteints d’un trouble développemental du langage, du syndrome d’Asperger et de graves troubles de la parole.

Depuis qu’elle a immigré à Prince George avec son mari en 2003, Sarah est devenue orthophoniste généraliste et fournit des services à l’école primaire de l’endroit qui participe au programme Aboriginal Choice. Elle donne également un cours à temps partiel au programme de maîtrise en éducation de l’Université du Nord de la Colombie-Britannique. Elle est actuellement membre du comité ad hoc d’OAC qui élabore un énoncé de position sur les modèles de prestation de services d’orthophonie en milieu scolaire.




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