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Published on 28 mai, 2019

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Regard sur la profession : orthophonistes en milieu scolaire (Geneviève)

Le rôle d’un orthophoniste en milieu scolaire comporte de nombreux aspects et varie d’une école à l’autre. Cependant, tout le monde s’entend sur un point : les élèves profitent des bienfaits des services d’orthophonie!

Les orthophonistes travaillent avec les élèves pour les amener à réaliser leur potentiel en matière de communication. En retour, cela aide les élèves à réussir pendant leur parcours, que ce soit en se faisant des amis, en faisant leurs devoirs ou en s’épanouissant.

Afin de mieux connaître le travail des orthophonistes en milieu scolaire, nous avons demandé à certains de nos membres de nous faire part de leur expérience en milieu scolaire.

Aujourd’hui, nous recevons le témoignage de Geneviève Lemieux.

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Décrivez votre milieu de travail.

Je travaille dans deux écoles primaires dans une commission scolaire francophone de l’île de Montréal, dans la ville de Côte St-Luc au Québec. Ce sont deux écoles de plus de 600 élèves. La majorité des élèves sont issus de l’immigration (1re et 2e génération) et n’ont pas le français comme langue maternelle. Ils sont bilingues ou trilingues.

Dans mes deux écoles il y a au total 10 classes de maternelle accueil et aussi 10 classes de primaire accueil en plus des classes régulières.  Je travaille 2 jours/semaine dans une école, et 1,5 jour/semaine dans l’autre.

Auprès de combien d’élèves environ travaillez-vous au cours d’une année scolaire?

Si on compte les services directs seulement, je rencontre environ une cinquantaine d’élèves par année.

Pouvez-vous nous parler d’un aspect de votre poste qui est particulier?

Nous desservons une clientèle très majoritairement plurilingue-pluriethnique. Il faut également considérer la situation particulière de bilinguisme de la région de Montréal qui se caractérise par la présence marquée de l’anglais dans tous les secteurs d’activité. Je dirais que je travaille dans un « cocktail linguistique »!

Les valeurs de diversité et d’inclusion sont très présentes dans mon milieu, d’ailleurs plusieurs membres du personnel sont eux-mêmes issus de l’immigration.

À quoi ressemble l’une de vos journées normales?

Une journée normale? Il y a toujours des imprévus en milieu scolaire. À titre d’exemple, voici un aperçu de ma journée d’hier.

Arrivée à l’école : je prépare le matériel pour mon premier groupe d’élèves. Je vais les chercher en classe : il y en a un qui ne retrouve pas un de ses souliers, donc nous cherchons (et trouvons) le soulier dans un autre corridor. Je travaille avec ces 3 garçons pendant environ 40 minutes, puis je vais chercher un nouvel élève avec qui je débute une évaluation. Pendant la récréation, j’ai une entrevue avec une enseignante. La période suivante est également le début d’une évaluation avec un nouvel élève (qui me demande si mon bureau est ma maison).

À l’heure du dîner, je rencontre la psychologue scolaire pour des discussions de cas. Après le dîner, je prépare les documents pour l’envoi d’un formulaire de demande de subvention pour enfant handicapé. Je rencontre ensuite deux élèves : quand je vais chercher la première, il n’y a pas de suppléant dans sa classe, donc j’avise le secrétariat de la situation.  À la dernière période j’ai une intervention individuelle avec un élève qui sort de chez l’orthopédagogue. La fin de ma journée est consacrée à la cotation d’épreuves d’évaluation, la rédaction de notes de suivi et la préparation de mes prochaines séances.

Comment votre rôle s’inscrit-il dans la journée d’un élève?

Je vois les élèves une fois par semaine, habituellement à période fixe. Pour les élèves du préscolaire, je fais mes interventions dans la classe. Ils m’associent alors à l’activité en cours (Madame Geneviève vient faire de la pâte à modeler avec nous!).

Pour les plus vieux, la plupart de ceux qui sortent de la classe pour travailler avec moi apprécient leur période qui les change un peu des tâches plus « scolaires ».

Qu’est-ce qui constitue la meilleure partie de votre travail?

Voir le monde à travers les yeux des enfants.

Quelle est l’une des parties les plus difficiles de votre travail?

Il faut être très organisé pour pouvoir fonctionner de façon efficace, être capable de prioriser ses actions et de justifier ses choix.

Point à retenir : Que voulez-vous que les gens sachent à propos de votre travail d’orthophoniste en milieu scolaire?

Comme je dis toujours aux nouveaux orthophonistes : c’est un travail qui n’est pas toujours facile, mais jamais ennuyant!

À propos de Geneviève Lemieux

Geneviève est orthophoniste en milieu scolaire depuis plus de 30 ans. Elle a toujours travaillé dans la région de Montréal. Au cours de sa carrière Geneviève a desservi plusieurs écoles de la commission scolaire et a donné des services à des classes d’adaptation scolaire (troubles sévères de langage, TSA, déficience intellectuelle, difficultés d’apprentissage). Présentement elle travaille en milieu régulier et auprès de la clientèle d’élèves en insertion linguistique scolaire et sociale. Elle a été membre du conseil d’administration de son ordre professionnel (OOAQ) pendant une dizaine d’année. Elle siège présentement au sein de deux comités (comité des études et de l’enseignement clinique) à l’école d’orthophonie et d’audiologie de l’université de Montréal.




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