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Published on 20 mai, 2020

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Regard sur la profession : Le rôle des audiologistes dans le traitement de la commotion cérébrale

Afin de souligner le travail de nos membres et associés, nous lançons notre série d’articles publiée dans Communiqué et intitulée Regard sur la profession. Nous avons invité plusieurs membres et associés d’OAC à nous faire part de leur expérience afin de mieux faire connaître l’importance des professions en santé de la communication. 

Pour le Mois de la parole et de l’audition, nous lançons la série d’entrevues avec deux articles qui mettent en vedette la prise en charge de la commotion cérébrale et un autre qui fait connaître le profil de l’une de nos associées qui est aide en santé de la communication.

Pour notre volet audiologie, nous nous sommes entretenus avec Greg Noel de Hearing and Speech Nova Scotia. L’entrevue porte sur le rôle de M. Noel en tant qu’audiologiste et sur son expérience dans le traitement de la commotion cérébrale, faisant ainsi ressortir l’important rôle que jouent les audiologistes dans la prise en charge et le traitement de la commotion cérébrale.

Lisez, ci-dessous, cette entrevue avec M. Noel!

Question 1 : Pouvez-vous nous donner quelques détails sur votre milieu de travail et votre rôle d’audiologiste?

Je suis directeur de l’audiologie chez Hearing and Speech Nova Scotia (HSNS). J’occupe un poste administratif qui m’amène à travailler avec plus de 20 audiologistes, 10 techniciens en troubles de la communication et du personnel de soutien administratif dans l’ensemble de la province afin de fournir des services de traitement des problèmes auditifs et de l’équilibre. 

Ensemble, nous offrons toute une gamme de services, dont le dépistage des troubles auditifs chez les nouveau-nés, l’évaluation des troubles vestibulaires et de l’équilibre, des services d’amplification du son chez les enfants en collaboration avec nos partenaires d’Atlantic Provinces Special Education Authority (APSEA), des évaluations audiologiques poussées, des évaluations de la sensibilité aux sons et du counseling, des services entourant les troubles du traitement auditif et les potentiels auditifs évoqués, les implants cochléaires et les implants de conduction osseuse, pour lesquels les deux équipes collaborent étroitement avec nos partenaires en ORL, pour ne nommer que quelques-uns de nos services. 

Nos audiologistes font aussi partie de plusieurs équipes interdisciplinaires de soins de santé dont, entre autres, celles qui portent sur la fente palatine, la chirurgie de la base du crâne et les Premières nations de la bande d’Eskasoni. Chez HSNS, nous élaborons des normes de soins pour les services fournis afin de s’assurer que, peu importe l’endroit dans la province où les clients accèdent aux services, tous reçoivent les mêmes soins audiologiques. Nos audiologistes offrent aussi des stages aux étudiants en audiologie, principalement à ceux qui proviennent de la School of Communication Sciences and Disorders de l’Université Dalhousie.

Question 2 : Quelle est votre expérience en traitement de la commotion cérébrale?

J’ai enseigné à la School of Communication Sciences and Disorders pendant 19 ans et j’ai enseigné le cours de diagnostic avancé aux étudiants de troisième année en audiologie. Dans le cadre de ce cours, j’ai instauré une clinique de neuro-audiologie. Il s’agissait d’un moyen d’aider les stagiaires en audiologie à mettre en pratique les tests avancés dont il avait été question en classe. Il y a quelques années, la clinique s’est fait acheminer une cliente souffrant des séquelles d’une commotion et qui cherchait désespérément à obtenir de l’aide. Les tests ont révélé un élément qui était la principale cause de ses difficultés et, avec un entraînement à l’écoute, elle a pu reprendre le travail. Depuis, la clinique reçoit presque uniquement des clients qui ont subi une commotion cérébrale. 

J’ai aussi eu la chance de côtoyer plusieurs collègues dans un comité visant à élaborer un énoncé de position sur le rôle des audiologistes dans la prise en charge de la commotion cérébrale. Cet énoncé de position met en lumière que les audiologistes sont essentiels à la prestation de soins interprofessionnels de qualité et centrés sur la personne à toutes les étapes de la vie chez des patients qui ont subi une commotion cérébrale.

Question 3 : Quels sont les signes les plus courants d’une commotion cérébrale du point de vue d’un audiologiste?

D’abord les bonnes nouvelles! Dans des documents spécialisés évalués par des pairs, l’on rapporte que près de 75 à 80 % des personnes qui subissent une légère commotion cérébrale reviennent à leur état normal après trois mois.

Cela dit, de 15 à 20 % des personnes ayant subi une commotion cérébrale continuent d’avoir des problèmes après trois mois. Chez les personnes qui continuent d’avoir des problèmes, les troubles auditifs résultant d’une commotion et les raisons pour lesquelles on les dirige vers un audiologiste peuvent englober, entre autres :

  • des difficultés à entendre en présence de bruits ambiants, de bruits concurrents et dans des environnements dont l’acoustique est mauvaise;
  • une sensibilité accrue aux sons; 
  • des problèmes d’équilibre (ou le fait de perdre l’équilibre en présence de sons forts, soit le phénomène de Tuillo qui peut être un point important à considérer chez les clients qui ont subi un traumatisme crânien); 
  • un acouphène (tintements, bourdonnements ou autres sons entendus dans la tête);
  • difficulté à localiser la source d’un son;
  • changement dans la perception ou dans l’appréciation de la musique; 
  • perception d’une moins bonne audition (soit dans une oreille ou dans les deux, perte auditive subjective non conforme à l’audiogramme);
  • difficulté à se servir du téléphone.

Bien entendu, il est peu probable qu’un client qui a subi un traumatisme crânien souffre de tous ces symptômes. La gravité du traumatisme crânien aura aussi une incidence sur les symptômes.

Question 4 : Que peut-il arriver si ces symptômes ne sont pas diagnostiqués ou traités?

Les problèmes auditifs et les problèmes d’équilibre qui ne sont pas diagnostiqués peuvent devenir un poids pour le client et pour sa famille. Lorsqu’ils ne sont pas traités, ces problèmes peuvent nuire au retour au travail ou à l’école, gêner les interactions sociales, limiter les activités physiques et imposer des contraintes excessives aux proches. Pendant la rédaction de l’énoncé de position sur l’audiologie et le traitement de la commotion cérébrale, on a remarqué que les personnes qui mentionnent avoir des problèmes d’équilibre connaissent une période de réadaptation plus longue. Il a aussi été mentionné que les difficultés de traitement auditif peuvent traîner pendant des années après un traumatisme crânien. L’audiologiste peut aider à diagnostiquer les troubles audiologiques et de l’équilibre, peut offrir des conseils et du soutien ou des traitements spécifiques. Ces traitements peuvent inclure des appareils auditifs et de suppléance à l’audition, du soutien aux personnes qui souffrent d’une sensibilité aux sons, de l’entraînement vestibulaire, une thérapie pour le traitement auditif et, le cas échéant, aider à en surveiller l’évolution. Selon moi, les soins audiologiques sont donc essentiels lorsqu’on prodigue des soins à des personnes qui subissent les effets d’une commotion cérébrale sur leur audition et leur équilibre. 

Question 5 : Si vous deviez choisir un seul point à retenir pour que le public comprenne l’importance de l’audiologie dans le traitement de la commotion cérébrale, qu’est-ce que ce serait?

En fait, j’en ai deux : un pour les personnes qui ont subi une commotion cérébrale et un pour les audiologistes. Si vous avez des problèmes auditifs ou d’équilibre en lien avec une commotion cérébrale, demandez l’aide d’un audiologiste. Quant aux audiologistes, je crois qu’il vaut aussi la peine de mentionner qu’il peut s’avérer nécessaire d’aller au-delà de l’audiogramme pour les clients qui mentionnent avoir subi une commotion cérébrale.




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