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Published on 16 juin, 2017

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Améliorer les services en santé de la communication pour les personnes autochtones – un étudiant à la fois

Par les membres du Groupe consultatif, Cours AUDI 540, Université de la Colombie-Britannique

En 2009, le School of Audiology and Speech Sciences (SASS) de l’Université de la Colombie-Britannique (UCB) a inauguré un cours obligatoire intitulé « Approaches to audiology and speech-language pathology for people of First Nations, Métis or Inuit (FNMI) heritage » [Traduction : « Approches audiologiques et orthophoniques pour les personnes ayant un patrimoine des Premières Nations, des Métis et des Inuits (PNMI) »] (AUDI 540).

Récemment, la Commission de vérité et réconciliation a rendu publics des appels à l’action pour changer tous les aspects de la vie des personnes PNMI au Canada. L’article 24 demande aux établissements de :

« … exiger que tous leurs étudiants suivent un cours portant sur les questions liées à la santé qui touchent les Autochtones, y compris en ce qui a trait à l’histoire et aux séquelles  des pensionnats, à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, aux traités et aux droits des Autochtones de même qu’aux enseignements et aux pratiques autochtones… [et offrir] une formation axée sur les compétences pour ce qui est de l’aptitude interculturelle, du règlement de différends, des droits de la personne et de la lutte contre le racisme. »

Cet appel à l’action a laissé entrevoir le besoin de réfléchir au cours, pour en préciser les orientations éventuelles.

Le cours

En 2009, aucun des professeurs du SASS n’avait un patrimoine, une éducation ou une expérience PNMI. Le financement nous a permis d’embaucher des experts-conseils, dont une coordonnatrice de la formation communautaire PN à temps partiel. Nous avons également engagé un groupe consultatif d’éducateurs et de professionnels (avec ou sans patrimoine PNMI) issus de la collectivité, de l’ancien corps estudiantin et d’autres programmes autochtones de l’UCB. Les 4/5 R de Kirkness et Barnhardt (2001) de la Maison de formation des Premières Nations de l’UCB offrent notre cadre de référence : le respect, le rapport/la révérence, la relation et la réciprocité.

Le cours, qui s’échelonne sur une période de dix mois, vise à permettre aux étudiants et aux professeurs d’accomplir ce qui suit :

  1. franchir des étapes sur le parcours permanent menant à une interaction et une pratique culturellement sûres et humbles;
  2. acquérir des connaissances, des compétences et des approches disciplinaires pour pouvoir travailler auprès des personnes ayant un patrimoine PNMI.

Les responsables du cours comprennent la coordonnatrice de la formation communautaire, un professeur-instructeur en orthophonie et un professeur-instructeur en audiologie. D’autres membres professeurs y participent parfois. Les activités de formation orales et virtuelles comprennent ce qui suit :

  • des rencontres avec les aînés et les professionnels;
  • des vidéos, y compris des témoignages de survivants des pensionnats;
  • des forums en ligne;
  • et des expériences en formation communautaire.

Un atelier sur Moe the Mouse® offre un exemple de programmation culturellement pertinente. Les autres possibilités d’apprentissages culturels comprennent des réflexions journalisées et une soirée artistique pour étudiants (théâtre/musique/arts visuels).

Les scénarios de travaux d’apprentissage disciplinaires comprennent une vidéo ou des réflexions écrites, ou encore l’élaboration d’un protocole culturellement pertinent. Les membres du corps professoral mettent l’accent sur le fait que le cours n’est qu’une première étape. Les étudiants sont invités à poursuivre leur parcours, une fois diplômés, dans le cadre d’un exercice en constante évolution.

Réflexions sur le cours

Une diplômée en audiologie ayant un patrimoine des Premières Nations :

« Il y a des expériences que j’ai vécues à titre d’étudiante du cours qui ont été marquantes chez moi. Je pense que de toutes les expériences, celles qui ont été les plus percutantes ont été celles où j’ai constaté chez quelques-uns de mes pairs l’expression d’émotions à propos de ce qu’ils ont appris par suite de leurs expériences d’interactions avec les membres de la collectivité dans leurs externats et leurs expériences [d’apprentissage] communautaires.
« Chacun de nous tissons des liens avec beaucoup d’autres au fil de notre vie. J’estime que lorsque nous franchissons des étapes vers la croissance et l’apprentissage, peut-être même parfois à l’extérieur de notre zone de confort, ces expériences peuvent aider à nous façonner de sorte que nous devenions en général de meilleurs amis, parents, membres de la famille et, en bout de ligne, cliniciens. »

Un diplômé en orthophonie ayant un patrimoine des Premières Nations :

« Pour moi, je pense que [le cours] m’a aidé non seulement à renouer avec mon patrimoine et mes antécédents autochtones, mais m’a permis de penser de façon critique et de réfléchir à mon exercice en tant que professionnel de l’orthophonie à ma première année dans le domaine. Pour la collectivité élargie, pouvoir travailler à un projet qui a permis d’ébaucher les lignes directrices préliminaires propres aux orthophonistes qui travaillent auprès des populations autochtones a été extrêmement gratifiant et nécessaire. »

Un étudiant non-membre d’une communauté des Premières Nations :

« J’ai trouvé le cours utile pour l’acquisition d’une conscience de l’histoire des Autochtones au Canada, de la discrimination systémique continue et des événements et activités communautaires autochtones à proximité.
« Cela a augmenté ma participation à ma communauté, et m’a permis d’acquérir les compétences cliniques me permettant de travailler auprès des nombreux clients autochtones avec lesquels j’ai interagi dans le cadre de mon exercice. »

Un enseignant des Premières Nations :

« Travailler à titre d’adjoint de programme [pour AUDI 540] et maintenant accueillir les étudiants dans mon École Accent autochtone m’a permis de mieux comprendre les lacunes en éducation chez le grand public pour que je puisse rajuster mes enseignements lorsque je m’adresse au public au sujet de l’éducation autochtone.
« Les possibilités d’apprentissage mutuel ont également été un excellent lieu de rassemblement pour les familles et les étudiants. Les étudiants acquièrent une expérience pratique auprès des enfants et des familles en thérapie de la parole, et les familles tirent profit du [service]. Les visites communautaires sont au cœur de la formation. »

Des orthophonistes en exercice :

« J’ai travaillé avec plusieurs organismes autochtones et des Premières Nations. Mon expérience avec les étudiants en orthophonie a été extrêmement positive. Les rencontres ont assuré une sécurité culturelle dans la façon dont ils ont mobilisé les enfants, les familles et le personnel. »

« Les étudiants ont également démontré une connaissance des cultures autochtones et une ouverture aux nouveaux apprentissages. Ils mettent de côté la lentille grand public de l’intervention et font l’expérience des avantages de l’enrichissement langagier et de la conversation avec tous les enfants. Les étudiants se sont montrés à l’écoute des effets des traumatismes intergénérationnels et sont intervenus avec soin et respect dans toutes leurs interactions. En bref, ils ont été accueillis en retour. »

Les orientations éventuelles

Les réflexions ci-dessus révèlent l’importance vitale de maintenir les principes de base du cours :

  1. Mettre sur les réalités autochtones un accent qui trouve écho auprès du point de suivi no 24 du Rapport de la Commission de vérité et réconciliation, les objectifs du cours comprenant l’humilité, la sécurité et la pertinence culturelles.
  2. Promouvoir la formation à propos des personnes, en rencontrant les gens ayant un patrimoine PNMI — ce qui assure non seulement que les personnes ayant un patrimoine PNMI soient au cœur de l’équipe pédagogique mais également que les étudiants acquièrent des expériences d’apprentissage communautaire actives.

Les ressources à l’intérieur et à l’extérieur du campus offriront des possibilités nouvelles et continues d’éducation aux réalités autochtones, notamment :

  • un cursus autochtone sur les professions de la santé de l’UCB qui est actuellement en préparation;
  • un centre d’histoire et de dialogue sur les pensionnats indiens prévu à l’UCB;
  • la Maison de l’apprentissage des Premières Nations à l’intérieur du campus;
  • et les programmes communautaires dans les réserves et hors de celles-ci (p. ex., les centres de l’amitié, le programme Bon départ autochtone, les écoles et les programmes en santé, le programme de détection précoce des troubles auditifs de la Colombie-Britannique).

La réparation des injustices sociales vécues ne s’obtient pas en l’espace d’une soirée. Le SASS empruntera ce parcours pendant de nombreuses années encore.

 

À propos du Groupe consultatif pour le cours AUDI 540 à l’Université de la Colombie-Britannique

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Le Groupe consultatif est composé des personnes suivantes :

  • Les actuelle et ancienne coordonnatrices de la Formation communautaire Marie Nightbird et Tiare Laporte, respectivement.
  • Les professionnelles communautaires Lori Bell, Fiona Laporte, Shannon Osmond, Heather Phillips et Kate Wishart.
  • La professeure du SASS Barbara May Bernhardt (coordonnatrice du cours sortante et orthophoniste), Valter Ciocca (directrice), Barbara Purves (professeure émérite et orthophoniste), Navid Shahnaz (audiologiste) et Stacey Skoretz (orthophoniste).

Communiquez avec Barbara May Bernhardt pour de plus amples renseignements et un accès aux thèses et aux projets des étudiants.

Dans la photo: De G à D, Fional Laporte, Tiare Laporte, Barbara May Bernhardt, Valter Ciocca et Marie Nightbird.
Crédit : Membre du Groupe consultatif, Stacey Skoretz.




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